Wimbledon, la tradition anglaise

Un peu de tennis dans ce monde de foot!
Depuis lundi dernier a commencé le fameux tournoi de Wimbledon.
Faisons tout d’abord un point sur les résultats sportifs.
Côté français : Benoit Paire, Stéphane Robert, Paul-Henri Mathieu, Nicolas Mahut, Julien Benneteau et Pierre-Hugues Herbert sont sortis dès le 1er tour. Mention spéciale pour ce dernier qui s’est issu pour la 1ére fois des qualifications. Un jeune qui monte à surveiller!
Edouard Roger Vasselin, Gael Monfils et Richard Gasquet ont été éliminé au 2ème tour mais Gilles Simon, Jérémy Chardy et Jo Wilfried Tsonga sont au 3ème tour.

Chez les têtes de séries, Federer, Nadal, Djokovic, Murray, Wawrinka et Berdych sont encore en lice mais il faut retenir l’élimination surprise hier de David Ferrer dès le 2ème tour par Andrey Kuznetsov (6-7, 6-0, 3-6, 6-3, 6-2). Concernant les filles : Coup de coeur pour le 1er tour de Caroline Garcia. Après avoir sauvé une balle de match contre Sara Errani (n°14), Caro n’a pas perdu de sa motivation malgré une interruption par la pluie et la nuit. Au taquet mardi matin, elle s’est finalement imposée 2-6, 7-6, 7-5 contre l’italienne et a ensuite gagner le lendemain son 2ème tour face à Varvara Lepchecko en 2sets. Alizé Cornet est elle aussi encore en lice mais Kristina Mladenovic s’est fait sortir au 1er tour. Les soeurs Williams, Agnieszka Radwanska, Na Li, Maria Sharapova et Simona Halep sont encore en course.
TENNIS-GBR-WIMBLEDON

Parlons un peu plus du tournoi. Wimbledon, son herbe, ses british, ses chapeaux, ses tenues blanches…Cette partie se fera à la 1ère personne puisque j’ai eu l’occasion d’assister pour la 1ére fois à ce tournoi lundi dernier. Ce récit personnel pourra vous servir si vous souhaitez y aller un jour.

Comment y aller? Deux façons d’obtenir des places.
La première concerne « The ballot » : plusieurs mois avant le tournoi, il faut s’inscrire à un tirage au sort pour les « non anglais » sur le site officiel de Wimbledon. Si on est tiré au sort, on a ensuite accès à l’achat des places. Vous n’avez cependant pas le choix de la date et du terrain une fois que vous avez été tiré au sort. C’est « à prendre ou à laisser ».
La deuxième s’appelle « The Queue » : on arrive alors dans la pure tradition anglaise. N’ayant pas été tiré au sort, c’est ce système que j’ai choisi.
Les 10 premiers jours du tournoi sont mis en vente 500 places sur chacun des courts principaux et 6000 Ground Pass pour les annexes. Pour cela, c’est premier arrivé premier servi.
Par exemple, pour le premier jour de tournoi lundi 23 juin, la queue était ouverte à partir de 8h le dimanche matin. Personnellement j’avais juste besoin de places annexes donc je suis arrivée dimanche après-midi.

Quelle est l’organisation de « The Queue » ? Cette queue est parfaitement organisée.
Un grand terrain vert est mis à disposition à proximité du tournoi et sert de camping pour y passer les nuits. En arrivant sur place, une « Queue card » nous est donnée avec un numéro, c’est celle-ci qui permettra le lendemain d’acheter une place pour le tournoi.

The QueueLes tentes sont disposées côte à côte pour perdre le moins de place possible, des toilettes sont installées au fond du terrain, une consigne est prévue puisqu’un sac par personne est autorisé dans l’enceinte de Wimbledon, des stands de nourriture sont là, les gens jouent au foot, au tennis, à l’ultimate, bouquinent, bronzent, bref une grande colonie de vacances avec pas mal de nationalités et des drapeaux sur certaines tentes.

J’ai tout de même été très étonnée de découvrir certaines personnes avec seulement un plaid ou un duvet, dormir à la belle étoile (au moins le rangement est rapide!). Vers 5h du matin, tout le monde s’active autour de nous.
Nous étions environ 1500 à passer la nuit sur place et lorsque je sors de la tente je découvre que les gens arrivent en continu afin de rejoindre, debout, The Queue. Certains arrivent même pour le surlendemain, afin d’être certains d’avoir un ticket sur le court central. L’attente est encore longue puisque les portes n’ouvrent qu’à 10h30. Avancée doucement de la queue à travers un parc, il fait déjà chaud. Passage de la sécurité (comme à l’aéroport), traversée d’un tunnel au dessus de la route avec vue sur les courts, on redescend et on arrive enfin à l’achat du billet.
Sécurité
Il est 9h30, nous sommes dans l’enceinte de Wimbledon mais nous ne pouvons accéder qu’à la boutique et aux quelques stands de nourriture (malin!). Les caméras sont là, les journalistes font des interviews de plusieurs fans, personne n’essaie de pousser, tout le monde est calme et patient jusqu’au bout.

OfficielsA 10h15, les officiels se mettent en place et avancent doucement en haut des escaliers qui permettent l’accès à la plupart des courts.
10h30, c’est parti, les gens courent sur les plus grands courts annexes afin d’y avoir une place pour la journée. Pour ma part, nous faisons un petit tour des lieux avant d’aller s’installer pour le match de Gilles Simon. Nous ne voulions voir que les matches des français. De plus, il y a très peu de tribunes sur les courts annexes et il est interdit de réserver une place pour quelqu’un, il faut donc être malin et aller assez tôt se positionner.

 

L’ambiance est-elle la même qu’à Roland Garros? Pas du tout!
C’est assez difficile à décrire. Le public a l’air plus connaisseur, moins « touristes » concernant le tennis. Style épuré pour les anglais, on reconnait les étrangers à leur short/basket, bien plus pratique pour ce type de journées. Contrairement aux autres tournois du Grand Chelem, Wimbledon n’autorise aucune marque à s’afficher, à l’exception de Rolex pour les temps de matchs et Slazenger le fournisseur de balles. Les arbitres et ramasseurs de balles sont habillés en Ralph Lauren mais vous ne verrez aucun panneau de cette marque. Conséquence pour le public : aucun stand d’animation. Pas de jeux concours, pas de dégustation, pas de photomaton, pas de jeux enfants, rien en dehors du tennis. Je ne peux pas témoigner de l’ambiance d’un grand court puisque je n’y ai pas eu accès mais concernant les annexes c’est très spécial. Le public est calme, peu d’encouragements, applaudissements polis, ça change des olas ou des personnes qui « gueulent » à RG.

Les joueurs français sont ils plus accessibles? A l’évidence oui.
Avec beaucoup moins de français présents dans les gradins, lorsque nous encourageons un joueur il jette un coup d’oeil et nous repère bien plus rapidement. A la fin de match il s’arrêtera aussi plus facilement pour ceux souhaitant photos et/ou autographes. C’est aussi l’occasion de croiser Marion Bartoli, Amélie Mauresmo, Arnaud Clément et j’en passe…toujours pressés et assaillis à RG, ils se baladent bien plus sereinement ici.

Wimbledon est-il plus grand que RG? En terme de superficie, il est plus petit.
Les courts sont plus rapprochés, moins de gradins pour les annexes, pas de stands en Courtsdehors de la nourriture et des boutiques souvenirs, le tour est vite fait.
En terme de prestige, je n’ai pas la réponse. Beaucoup diront oui par rapport à la naissance du tennis en Angleterre, à la classe des joueurs sur les terrains tout vêtues de blanc (tradition obligatoire). Anecdote concernant la tenue : on se souvient de Roger Federer et de ses semelles oranges l’an dernier qu’il avait dû changer. Cette année Marin Cilic a bien failli ne pas commencer son match face à Paul-Henri Mathieu en raison de ses semelles gris clair…
L’un est le temple de l’herbe, l’autre de la terre battue, chacun son terrain 😉

Y a t-il un équivalent de la place des mousquetaires? Oui. Il y a une butte, aujourd’hui appelée « Murray’s Mount » qui donne sur un grand écran. C’est LE rdv pour profiter d’un match du central avec une ambiance de folie sans être à l’intérieur du stade.
Butte MurrayQuelques mots pour terminer? Ravie d’avoir découvert sous le soleil ce tournoi si British!

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