Ibrahimovic, trésor de guerre libyen

Sur VDBT, nous ne sommes pas habitués, ni même friand des affaires politiques de notre pays la France. Mais Vu Du Banc de Touche, certains faits d’actualités peuvent nous faire réagir et nous questionner sur la nature de certains investissements étrangers et son impact sur la santé économique du sport français.

Le 05 janvier 2013, sur le plateau de l’émission de Ruquier, on n’est pas couché (ONPC), Ziad Takieddine était invité.

« Ecoeuré par la corruption généralisée en France », Ziad Takieddine assure détenir des « preuves » concernant un financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Vraies révélations… ou rappel de sa capacité de nuisance ?

Peu importe ce qui a été vrais ou faux dans ses dires, certains faits par contre ne peuvent être décriés.

  1. Le Qatar voulait développer son activité dans le gaz en Libye
  2. Total envisageait de céder l’option sur le contrat gazier libyen acheté à Z.T. pour 300 millions de dollars au Qatar
  3. La Libye y était bien entendu opposée

Cette histoire nous pousse à croire que le Qatar aurait encouragé une guerre contre la Libye. N’ayant pas l’image de la France, le Qatar aurait demandé à Sarkozy de s’engager en Libye. C’était l’occasion rêvée pour  le clan Sarkozyste de supprimer de nombreuses preuves concernant les soit disant financement de campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 dont le dictateur lui-même.

Faut-il le croire, la France aurait été la prostitué du Qatar … Mais à quel prix et c’est Vu Du Banc de Touche que j’émets cette hypothèse.

La France aurait mené cette guerre en Libye en échange d’un investissement massif du Qatar en France. Cet engagement militaire français aurait donc provoqué l’intérêt des milliardaires qatari et leur participation à la bonne santé économique du sport français dans le seul but de rembourser leur dette…

Ci-dessous un tour d’horizons de leurs investissements sportifs en France.

Les qataris et l’environnement sportif français

Nous ne parlons que d’eux et ils sont partout, les qataris ont relancé l’économie du sport français. Leurs investissements ont permis de créer de l’emploi et ont relancé le marché…

Voici quelques exemple des bien faits et de l’omniprésence des qataris dans l’environnement sportif français :

  • Le Paris Saint Germain, devenu un club de football mythique a été racheté par Nasser Ghanim Al-Khelaïfi. Sportif de haut niveau qatari devenu homme d’affaires multimilliardaire. Il occupe actuellement le poste de président du club de football du Paris Saint-Germain, du Paris Handball et celui de la Fédération qatarie de tennis. Il est aussi directeur général de la chaîne de télévision qatarie Al Jazeera Sport.
    En rachetant, 70% des parts du club de la capitale le Qatar Sports Investments (QSI) a fait entrer le PSG dans une nouvelle sphère financière. Il aura fallu 50 millions d’euros pour acheter 70% ces parts, dont les deux tiers pour éponger les dettes du club et 85 millions d’euros consacrés au recrutement estival : Paris écrase la concurrence et les qatari offre au foot et même au sport français un rayonnement sportif et médiatique internationale. N’oublions pas aussi que les stars du ballon rond recrutées par le PSG payeront des impôts en France.
  • Après le PSG, le Qatar part à l’assaut du Stade de France. C’était début 2012 selon « RMC Sport » ; le Qatar Sports Investments (QSI) « s’apprête à devenir le concessionnaire principal des lieux, reléguant Vinci et Bouygues (dont le Consortium gère le SDF depuis son inauguration en 1998) au rang d’actionnaires minoritaires ». Seul stade (capacité de 80 000 spectateurs contre moins de 50.000 pour le Parc des princes) en adéquation avec l’ambition affichée par les qataris, le SDF devrait selon toute vraisemblance devenir l’enceinte du PSG au détriment de son stade historique. Si rien n’est encore réglé, les divers intérêts politiques et financiers du dossier vont dans ce sens.
  • Les chaînes du Qatar BeIN Sport passent le cap du million d’abonnés. BeIN Sport ne fait pas que des heureux (Canal+ en tête), son arrivée en France suscite également de l’enthousiasme chez certains présidents de clubs de football. A commencer par le président de l’Olympique Lyonnais qui voit une opportunité pour son club de s’exporter à l’étranger. « BeIn sport va nous permettre de vendre notre image à l’étranger. Parallèlement à l’investissement que représente le Stade des Lumières, nous devons ainsi être compétitifs sur un plan européen. De fait, BeIN sport va créer une spirale positive. La chaîne prend la place qu’occupait Canal + et referme une période marquée par le manque de concurrence en matière de droits télévisuels. L’arrivée de BeIN Sport montre surtout que les règles anti-concurrence ont failli en France ».
    Concernant les droits TV de la Ligue 1, Al-Jazeera devrait débourser environ 61 millions d’euros par an, alors que Canal+ n’en dépense actuellement que la moitié (31 millions d’euros par an).
  • Le PSG handball, 12e du dernier championnat, est devenu un cador de la première division. Suite au rachat par QSI, le club dispose aujourd’hui d’un budget de 9,2 millions d’euros. Soit 3 fois plus que les budgets des clubs de handball en division 1 pour la saison 2011-2012.
  • Les courses hippiques avec le Prix de L’Arc de Triomphe qui se tient à Longchamp. Depuis l’arrivée de l’émirat comme sponsor en 2008, la plus prestigieuse course de galop au monde a pris une ampleur considérable. Le Qatar y a mis les moyens. Avec 4 millions d’euros de dotation, c’est la course hippique la mieux dotée d’Europe, la 4ème au plan mondial. Et le montant devrait encore grimper dans les années à venir, alors que le partenariat a été prolongé jusqu’en 2022. On sait déjà que la dotation sera portée à 4,8 millions l’année prochaine, puis à 5,3 millions en 2018.
  • Sur le Paris – Dakar 2013. Une équipe engagée par le Qatar aligne Nasser Al-Attiyah et Carlos Sainz, respectivement vainqueurs en 2010 et 2011 et tentent de conquérir l’épreuve. Si le puissant buggy conçu aux Etats-Unis reste mystérieux et pourrait souffrir de problèmes de jeunesse, c’est bien un nouveau terrain que le petit émirat s’apprête à investir, un investissement pour une course française. On parle ici de millions de dollars investis…
  • Un équipementier qatari ! Burrda est officiellement une société de l’entreprise suisse Pilatus Sports management SA basée à Genève. En fait, installée aussi à Doha, la capitale du Qatar, elle est surtout nourrie par un fonds d’investissement qatari. « L’arrivée d’un concurrent crée toujours de la dynamique et de l’émulation », répond Emmanuelle Gaye-Pouedras, porte-parole d’Adidas.
    Le RC Toulon et le Biarritz Olympique, clubs de rugby emblématiques, ont déjà rejoint Burrda au printemps 2011 : deux millions d’euros annuels pendant cinq ans pour Toulon séparé de la marque Puma ! Le club de football de Nice, modeste équipe de Ligue 1, a quitté lui aussi la marque Lotto pour Burrda avec une belle plus-value. Montpellier, le club phare du handball français, ne laisserait pas insensible ce nouvel investisseur, d’autant plus que le Qatar a obtenu l’organisation du Mondial de handball en 2015.
  • Sur la grande boucle. En 2011, Qatar Airways a transporté le peloton de Grenoble à Orly pour l’ultime étape. A quand un Grand Départ à Doha ? «Oui bien sûr, on pense au Tour de France depuis un certain moment, le problème est logistique, il faudra un pays intermédiaire entre le Qatar et la France où les coureurs pourront faire étape », explique Al-Thani.

 

Certains diront que les qataris investissent sur le long terme comme l’explique le président de la Ligue de football professionnel, Frédéric Thiriez dans une interview accordée au Monde fin décembre :

« La francophilie de la famille royale Al-Thani n’explique pas tout, nous assure le dirigeant d’un club de Ligue 1. Même s’ils cherchent de la reconnaissance, dans les affaires ce sera toujours donnant-donnant. Al-Jazeera achète cher les droits de la Ligue 1 à l’international, OK. Mais dans la foulée, le PSG de QSI cherche à tout prix à faire venir Beckham car la Ligue 1 avec une star mondiale, ça se vend mieux à l’étranger. Il faut que le business tourne. Il y aura peu de monde pour se plaindre de leur investissement dans le sport français mais il faut voir leur stratégie à long terme. Le Qatar n’achète pas seulement de la reconnaissance, il veut être un acteur global. Ce n’est ni le Père Noël ni l’abbé Pierre. »

D’autre diront que c’est de l’argent gratuit, voir même qu’il est dépensé pour rembourser une dette comme j’ai tenté de vous l’expliquer au début de cet article.

Chacun se fera son opinion sur les relations politico-économique entre nos deux pays. Toutefois Vu Du Banc de Touche certains faits d’actualité ne passent pas inaperçus et renforcent même parfois les doutes énoncés ci-dessus :

 

Après avoir investi dans le secteur sportif et dans l’achat de droits de diffusion TV, les investissements qataris se concentrent aussi sur l’art et même dernièrement sur les banlieues françaises… N’hésitez pas à partager votre opinion en commentaire de cet article. Ci-dessous l’interview de Ziad Takieddine dans son intégralité.

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