Arbitrage, la clé du sifflet

La Coupe du Monde de Football va désigner dans quelques heures ses 23 héros. Véritable hymne au ballon rond, cet événement magique est malheureusement sujet à polémiques autour de son arbitrage.

C’est qu’il leur en faut de la matière aux journalistes pour assurer une telle couverture médiatique ! Donc ils vilipendent, taillent, taclent, déclament, supputent… mais jamais ne proposent et n’argumentent !

Et pourtant Dieu sait (on est au Brésil il fallait caser Dieu !) s’il y a matière à débat concernant l’arbitrage dans le football. C’est donc avec un esprit constructif que VDBT souhaite ramener sa science.

L’erreur, du fait de jeu à l’injustice

Historiquement, l’erreur est considérée comme un fait de jeu faisant la légende et le charme de ce sport (cf. la « main de dieu » de Maradona, etc.). Sauf que depuis le début du 21e siècle, la conjonction entre le rôle prépondérant de l’arbitre et les améliorations technologiques considérables (Internet, moyens de retransmissions, etc.) accessibles à tous, ont eu un effet dévastateur pour le corps arbitral, en mettant en lumière ses incohérences et ses erreurs… Tout le monde sait quand l’arbitre se trompe, sauf lui !

L’erreur est donc passée dans l’imaginaire collectif, du fait de jeu à l’injustice. Cette même injustice appelant l’injustice (on pense à la fameuse compensation arbitrale), il est grand temps d’agir pour un arbitrage plus juste et plus performant.

L’arbitre, la 5e roue du carrosse…

Sauf qu’à l’heure du tout technologique et du tout fric, l’arbitrage reste à la traine, pour ne pas dire à la rue. En effet, les statistiques et la vidéo viennent en soutien des staffs techniques ainsi qu’en complément des couvertures média, pour des performances maximales et une qualité de retransmission inégalée ; alors que nos petits hommes en noir sont restés à l’Âge du Bronze, ou au mieux à l’Âge de Fer, à défaut d’avoir une main de fer. On leur confie la direction du jeu avec pour seules « armes » : 1 carton jaune, 1 carton rouge, 1 sifflet, 1 bombe de peinture et la vidéo sur la ligne de but ; le tout encadré par un règlement inadapté et dépassé !

Le carrosse doré des institutions du foot a fait de l’arbitre sa 5e roue, priorisant le traitement des joueurs, des dirigeants, des supporters et des médias. Pourtant, le corps arbitral est le garant de l’équité sportive et de la fluidité du jeu, notions devant apporter un surcroit de plaisir et de rentabilité économique à l’ensemble des entités précédemment citées !

… Malgré une influence record !

Leur rôle est d’autant plus fondamental que le football est le sport collectif pour lequel le nombre de points marqués est le plus faible. A titre d’illustration, on a compté le nombre d’actions par match (en moyenne) faisant évoluer le score dans chacun des sports collectifs majeurs (statistiques des D1 françaises, saison 2013/14) :

–          Football = 2,5 actions (2,5 buts) ;

–          Hockey-sur-Glace = 7 actions (7 buts) ;

–          Rugby = 10 actions (40 points) ;

–          Handball = 55 actions (55 buts) ;

–          Basket-ball = 85 actions (150 points).

Comme vous pouvez le constater, l’influence de l’erreur arbitrale sur une action de but y est clairement beaucoup plus forte que dans les autres sports collectifs (de x3 à x35) !

Pour autant, les arbitres sont-ils si nuls ?

Est-ce cette influence prépondérante qui explique que chaque analyse de match, par l’ensemble des acteurs de ce sport, démarre par l’énumération des erreurs de l’arbitre ou par la mise en doute de son impartialité ? Cette récurrence dans la critique est-elle une façon de fuir ses propres responsabilités ou reflète-t-elle les vraies carences de l’arbitrage ? En d’autres termes, les arbitres sont-ils si nuls que cela ?

Si l’on en croit ce classement théorique et non reconnu par les instances officielles de la Ligue 1 (saison 2013/2014), intégrant les erreurs d’arbitrage majeures (arbitragevideo.fr) ce n’est pas brillant.

Et pourtant… Et pourtant ces gars en noir ne sont pas des incapables (ils sont imparfaits comme chacun de nous, mais probablement les plus compétents dans leur domaine), mais on ne leur donne pas les moyens de travailler correctement ! Imaginez qu’ils se mettent à appliquer l’ensemble des lois du jeu à la lettre, sans tenir compte du contexte, de l’enjeu, du déroulé général du match et autres paramètres subjectifs, combien de match seraient stoppés faute de combattants ? Combien se termineraient sur des scores stratosphériques, truffés de penaltys ? Certains grincheux diront que l’application stricte des règles actuelles canaliserait les joueurs et atténuerait progressivement les débordements. Sauf qu’ils se trompent, le contact, la confrontation et l’évitement faisant l’essence de ce sport, nombre de fautes relèvent de maladresses et d’erreurs qui malgré tout persisteraient, d’où le fait qu’elle devraient être sanctionnées plus intelligemment qu’actuellement.

A titre d’exemple, est-ce qu’un seul dirigeant de football pourrait nous expliquer pourquoi le carton jaune doit sanctionner des délits aussi divers que le tacle trop appuyé, la faute d’anti-jeu, la simulation dans la surface de réparation ou encore la mise à nue de ses pectoraux sur une célébration de but ?! Est-ce que vous giflez votre gamin qu’il frappe son camarade de classe, dise une grossièreté, oublie de dire bonjour au boulanger ou casse un verre involontairement ?!

Pour VDBT et toute personne intellectuellement honnête, le problème majeur n’est donc pas le niveau des arbitres mais avant tout un règlement devant être corrigé et gradué ! Place aux clés du sifflet VDBT !

Les 10 clés du sifflet VDBT

Au regard des multiples problèmes d’arbitrage rencontrés tout au long d’une saison (contestations, violences, antijeu, hors-jeu, pénaltys, etc.), nous avons pris le parti de tourner notre proposition d’aménagement des lois du jeu de la FIFA autour de 3 objectifs essentiels, qui vous sont présentés dans le schéma qui suit.

Objectifs réforme arbitrage

Pour chacun de ces objectifs (en rouge), nous avons fait apparaitre les bienfaits (en blanc) que l’on peut en attendre pour ce sport. C’est pourquoi, la réponse concrète qui sera donnée à ces objectifs conditionnera le football de demain, tant dans son image que dans son contenu.

A présent, entrons dans le vif du sujet : Vu du Banc de Touche, quelles mesures permettront de répondre à ces objectifs ? Pour répondre à cette question, nous vous présentons ci-dessous la synthèse de notre réforme appelée « Toolbox Referee by VDBT ».

Schéma mesures_Arbitrage

Tel que vous pouvez le voir, notre réforme tient en 10 mesures phares devant permettre la révolution de l’arbitrage du football, ce à tous les niveaux de pratique! Michel Platini a souvent insisté sur la nécessité d’un arbitrage universel, qui ne soit pas à double vitesse… Seul problème, ses deux mesures phares (l’arbitrage à 5 et la Goal Line Technology) sont jusqu’à présent inapplicables au niveau amateur !

Dans notre Toolbox Referee, seule la mesure visant à responsabiliser les joueurs (vidéo à la demande) ne sera pas applicable en dehors des matchs couverts par un dispositif de caméras. Voyons à présent ce qu’il en retourne précisément, mesure par mesure.

Objectif n°1. Favoriser le spectacle

Clé n°1 VDBT : Jouer le temps de jeu effectif

Actuellement, l’arbitre doit faire jouer 90’ minimum, au-delà de ce temps de réglementaire, il est libre de fixer la durée du temps de jeu additionnel. Cela n’est pas sans risque, tant pour la qualité du spectacle que l’équité sportive. A titre d’exemple, nous avons mesuré l’écart entre le temps de jeu réel et le temps de jeu effectif sur le ¼ de finale du Mondial 2014 ayant opposé les Pays-Bas au Costa-Rica (0-0 à la fin du temps réglementaire). Résultat, 95’ jouées (90’ + 5’ de temps additionnel) et 78’30 de temps de jeu effectif, soit 11’30 de jeu manquantes malgré un match sans vainqueur… Il s’agit du seul sport collectif dans ce cas depuis que le rugby est passé au temps de jeu effectif il y a quelques années.

D’où notre proposition d’arrêter l’horloge en cas d’arrêt de jeu, garantissant ainsi une durée de jeu (différent de la durée de match) identique d’une rencontre à l’autre, d’apaiser les relations joueurs/arbitres en rendant inutiles les gains de temps, cela étant favorable au rythme du spectacle.

Clé n°2 VDBT : Permettre un 4e remplacement par équipe

Historiquement cette règle encadrant le nombre de remplacements par équipe et par match a régulièrement évoluée (Nombre de remplacements : 1967 = 1, 1976 = 2, 1995 = 3), suivant ainsi l’évolution du jeu. Sauf que depuis 1995, année de l’entrée en vigueur de l’arrêt Bosman (Jurisprudence, qui en substance, rend possible la libre circulation des joueurs au sein de l’UE), ce nombre n’a pas évolué, alors que cet Arrêt a fortement influé sur l’évolution du jeu en permettant la création d’équipes « galactiques » dont les effectifs pléthoriques se réjouiraient de pouvoir avoir une rotation plus importante. A titre indicatif, le rugby est le sport collectif permettant le moins de changements en dehors du football… avec 7 remplacements possibles !

Incontestablement, cette évolution va dans le sens de l’histoire en enrichissant la palette tactique des entraineurs par un éventail élargi de joueurs mobilisables en cours de match ; tout en facilitant la gestion des temps de jeu et des egos, ainsi qu’en limitant l’influence de la fatigue dans le résultat final, au nom du sacro-saint spectacle !

Clé n°3 VDBT : 2 temps-morts équipe d’1 minute, par équipe et par match

Actuellement, le rôle du coach se limite à un coaching lors de l’avant-match et à la mi-temps. Au vu de la durée d’un match (90’, il n’y a plus long dans les sports collectifs) et du nombre de joueurs (le plus élevé après le rugby à 15), c’est clairement insuffisant. Preuve en est, hormis le rugby, tous les autres grands sports collectifs ont adopté le principe du temps-mort équipe (arrêt de jeu temporaire).

Leur introduction, au même titre que le 4e remplacement, accroitrait le pouvoir du coach sur la destinée de son équipe. Le dernier exemple en date remonte à l’historique 1/2 finale Brésil-Allemagne (CDM 2014), durant laquelle Arsène Wenger (coach d’Arsenal et consultant pour TF1) aura appelé à l’introduction du temps-mort afin de pouvoir casser ce type de spirale et ainsi essayer de maintenir l’intérêt d’un match jusqu’à son terme. Preuve en est, les brésiliens sont ressortis du vestiaire à la mi-temps avec de meilleures intentions… si cela avait pu se faire à l’issue du 2e but, peut-être aurions-nous assisté à un autre match. On ne le saura malheureusement jamais, mais incontestablement cette innovation aurait des répercussions positives sur le jeu et le spectacle.

Objectif n°2. Graduer l’arbitrage – Fautes & Coups-francs

De nombreux comportements sur les terrains de football sont contraires aux règles et à l’esprit de ce sport. On pense là à tout ce qui tourne autour de l’anti-jeu (avancée sur les touches, coup-franc joué devant le lieu de la faute, contestations, etc.). Ces actes cassent le jeu, pourrissent le spectacle, créent des conflits et mettent en difficulté l’arbitre sur des faits qui n’ont même pas lieu d’exister contrairement à une faute ou un hors-jeu par exemple, qui sont réellement des faits de jeu. L’anti-jeu est le fléau du football !

C’est pourquoi VDBT a souhaité intégrer 3 nouveaux outils simples à la palette de sanctions des arbitres, afin de les aider à lutter contre ces pratiques éhontées.

Clé n°4 VDBT : Inversion de jeu

Combien de fois avez-vous vu un arrière latéral gagner 10 mètres en marchant avant de faire sa touche? Combien de fois avez-vous vu un milieu de terrain tirer un coup-franc indirect sans stopper le ballon afin de gagner du temps sur la défense? Combien de fois avez-vous vu un attaquant avancer le ballon d’1 mètre sur un coup-franc direct alors que l’arbitre est de dos en train de placer le mur? Bref, les exemples d’équipe en possession du ballon et outrepassant sciemment quelques règles simples du jeu sont multiples. C’est pourquoi, nous proposons que soit prévu l’inversion de jeu comme une règle à part entière. En d’autres termes, l’équipe en possession du ballon se rendant coupable d’actes mineures mais pourrissant le jeu verrait le ballon rendu à son adversaire à travers un coup-franc indirect.

Clé n°5 VDBT : Pénalité de 10 mètres

Cette fois il s’agirait de prévoir la pénalisation des équipes défendant (n’ayant pas la possession du ballon suite à un arrêt de jeu lambda) en cas de comportement antisportif (contestation, avancée du mur, ballon touché alors que la faute est sifflée pour l’adversaire, etc.). Pour ce faire on propose l’introduction d’une règle existant déjà au rugby : la pénalité de 10 mètres. Le principe est simple, l’équipe fautive recule de 10 mètres supplémentaires, risquant ainsi de concéder une faute plus grave encore.

Clé n°6 VDBT : Introduction du « Super-penalty »

Là encore, une nouveauté, qui cette fois s’inspire du penalty en hockey-sur-glace. Vous allez nous dire « pourquoi un super-penalty alors qu’il existe déjà les coups francs directs, indirects et le penalty? » Parce que l’on constate que nombre de fautes commises dans la surface de réparation et dégradant les chances de l’attaquant de marquer, ne sont pas sifflées (tirages de maillot et ceinturages notamment). On appliquerait donc le super-penalty pour toutes les fautes commises dans la surface de réparation mais n’empêchant pas directement un but. Toutes les autres (main sur la trajectoire d’un tir cadré, tacle manqué, etc.) seraient toujours condamnées par un penalty. A titre d’information, il faut savoir qu’environ 10% des tirs dans le jeu font mouche, que 50% des 1 contre 1 sont gagnés par l’attaquant et que 80% des penaltys sont convertis (cf. Kirk Goldsberry sur Grantland)… Il est donc compliqué de siffler un penalty sur une faute n’empêchant pas clairement un but, cela offrant une chance de scorer 8 fois supérieure à un tir lambda, ce qui est énorme ! Ce super-penalty se traduirait concrètement par un joueur partant du rond central balle au pied et allant défier le gardien en tête à tête, sans intervention de joueurs extérieurs, le tout en moins de 15 secondes. On peut estimer les chances de but à +/-50% et ainsi rendre les fautes secondaires dans la surface de réparation condamnables. On verra par la suite que ce super-penalty se sifflera dans un autre cas bien précis.

Objectif n°2 bis. Graduer l’arbitrage – Sanctions

Les 3 outils précédemment cités devraient permettre aux arbitres de « nettoyer » les matchs d’une grande partie des comportements antisportifs les pourrissant. Il n’en reste pas moins que l’échelle des sanctions actuelles est totalement inadaptée pour ce sport présentant un nombre de situations de jeu innombrables. Actuellement, on peut recenser 4 niveaux de sanction : l’avertissement verbal, l’avertissement (carton jaune), l’exclusion (carton rouge) et la suspension à posteriori (cumul de cartons jaunes ou suite à un carton rouge). Résultat on se retrouve avec des joueurs pouvant prendre un « jaune » aussi bien pour avoir retiré leur maillot après avoir marqué qu’après un attentat commis en début de match et pour lequel l’arbitre hésitera à mettre le « rouge » afin de ne pas « tuer le match ». La (mauvaise) blague ! Vu Du Banc de Touche, on n’en peut plus de cet arbitrage « du contexte » et non « des faits » !

C’est pourquoi on s’est attelé à trouver la solution qui permettrait de sanctionner plus lourdement les « bouchers » sans les envoyer pour autant à l’abattoir… Pour ce faire, on est allé chercher ce qu’il y avait de mieux chez les rugbymen et les handballeurs.

Clé n°7 VDBT : Expulsion temporaire de 15 minutes 

L’arbitrage en vigueur condamne chaque joueur à titre individuel. Les arbitres reprennent donc les comportements des joueurs un par un tout au long du match, résultat, les bouchers se relaient ! C’est pourquoi le rugby et le handball nous ont inspiré cette expulsion temporaire. L’application est simple, l’arbitre décide de condamner d’un carton jaune une faute donnée (tacle violent par exemple), cela valant avertissement pour toute son équipe. Résultat, lors de la prochaine faute similaire prononcée contre la même équipe, le joueur fautif sera exclu 15 minutes (5′ de plus qu’au rugby car le match dure 10′ de plus et le nombre d’actions décisives y est 4 fois moins importants). Le carton rouge deviendrait ainsi un cas rare venant sanctionner des comportements antisportifs ou illicites.

Clé n°8 VDBT : Faute-équipe

Qui a rêvé devant les exploits de l’Atletico Madrid cette année en Ligue des Champions? Peu de monde probablement, tant le jeu, ou plutôt le non-jeu, développé par cette équipe était insupportable. Ce type d’équipe va-t-il dans le sens de l’intérêt du spectacle? Sont-elles favorables au business du football? Probablement pas. Certes, elles se jouent avec grand talent des failles d’un règlement permettant à des équipes rugueuses voire violentes de performer, sauf que ce ne peut-être la conception du football prônée par les institutions en charge de sa promotion. C’est pourquoi, à l’instar de ce que le basket propose, nous souhaiterions l’instauration de la faute-équipe. Son principe serait d’une extrême simplicité : le nombre de fautes réalisées par chaque équipe est dénombré, à la 15e faute (en-dehors de celles sanctionnées par un penalty ou un super-penalty), est sifflée une faute-équipe, pour laquelle l’équipe bénéficiaire se verra accorder un super-penalty (choix libre du tireur). Quand on sait que la moyenne européenne des fautes est de 15 par équipe et par match, il apparaît clair que notre objectif est d’accorder une prime aux équipes pratiquant un jeu plus propre et respectueux du règlement que la moyenne.

Clé n°9 VDBT : Suspension de joueurs

Toujours dans un esprit de justice et de justesse, on ne comprend pas comment on peut tolérer qu’un joueur agissant mal (carton jaune) sur un terrain puisse ne pas être condamné (ou si peu) à l’instant de sa faute mais puisse l’être aussi lourdement rétroactivement. Il faut savoir que l’accumulation de cartons jaunes d’un match sur l’autre amène à une suspension (2, 3 ou 5 cartons sur un laps de temps donné suivant la compétition) d’un match. N’est-il pas plus juste et éducatif d’avoir une condamnation claire à l’instant de la faute et non suite à une accumulation? Moralement et mentalement le système actuel est biaisé… Mais contraint par ses propres limites évoquées précédemment. C’est pourquoi, le rôle du carton jaune ayant été revu dans la clé n°7 de notre réforme, nous proposons la suppression des suspensions pour accumulation de cartons jaunes (ceux-ci seront « validés » par les exclusions temporaires en découlant). Les seules suspensions post-match devant subsister étant celles prononcées suite à des cartons rouges, correspondant comme actuellement à des comportements graves.

Objectif n°3. Responsabiliser les joueurs

Clé n°10 VDBT : Vidéo à la demande

A haut-niveau, chaque joueur devient un exemple pour les jeunes, pourtant le comportement sur le terrain d’une grande partie d’entre eux est détestable (on ne parle pas ici des faux-débats de journalistes de comptoir concernant le port du casque sur les oreilles à la sortie du bus, dont on se tape comme de l’an 40 !). Concernant ce fléau, c’est probablement le tennis (cf. John Mc Enroe et ses légendaires colères contre le corps arbitral) qui a trouvé la meilleure des réponses… En effet, sur les principaux matchs des principaux tournois (ceux à fortes audiences), ils ont fait appel à la vidéo (dit Hawk-Eye). Sauf que contrairement à l’ensemble des autres sports en faisant de même, ils ont mis cet outil à la disposition des joueurs et non des arbitres ! En clair, un joueur a 3 jokers vidéo par set, à chaque fois que sa contestation s’avère erronée, il perd un joker. Une fois son stock épuisé, il n’a plus accès à l’arbitrage vidéo et a donc gagné le droit de se taire puisque cela signifiera qu’il aura contesté 3 fois à tort les décisions de l’arbitre…

VDBT propose donc de mettre à disposition de chaque équipe 1 joker vidéo par mi-temps. Seul le capitaine de celle-ci pourra y faire appel (ce qui contraindra les entraineurs à nommer de véritables capitaines et non à promouvoir par facilité la star de leur équipe à cette fonction), à tout moment du match pour toute faute non sifflée. Ils ne pourront donc pas la demander afin de faire réévaluer la sanction d’une faute sifflée (passage du jaune à l’exclusion temporaire, etc.), ni même la demander en cas d’oubli d’un corner ou d’une touche, ces faits de jeu restant secondaires. Tant que la vidéo donne raison à l’équipe, ils peuvent continuer à y faire appel, dans le cas contraire, ils perdent leur joker et doivent attendre la mi-temps suivante pour en récupérer un nouveau. On est convaincu que ce système permettrait aux joueurs de passer du statut auto-attribué de « victimes de l’arbitrage » à celui « d’acteurs de l’arbitrage », et ça changerait la donne à haut-niveau ! Et que l’ami Platoche ne nous fasse pas le coup de « la vidéo ça fait perdre du temps »… A la TV dans 90% des cas on a la réponse en moins de 10 secondes, alors qu’en parallèle l’arbitre continue de parlementer sur le terrain avec les joueurs. D’autant plus que la limite d’1 joker par mi-temps incitera les joueurs à n’y recourir que sur les erreurs supposées certaines et à forte incidence sur leur performance.

Alors Platoche, cap ou pas cap ?!

Comme vous avez pu le lire, cette réforme s’inscrit dans le sens de l’histoire de ce sport en étant porteuse de responsabilité, de justice et de modernité. Elle mériterait d’être discutée, critiquée et améliorée, mais on ose malgré tout demander à notre cher French-President de l’UEFA : Platoche, cap ou pas cap ?!

7 comments on “Arbitrage, la clé du sifflet
  1. Les mesures proposées sont bonnes, je ne discute pas ça. Mais sérieusement, c’est quoi cette attaque gratuite sur Cristiano Ronaldo et son rôle de capitaine ? Non seulement il y a énormément de joueurs qui sont capitaines de sélections ou de clubs alors qu’ils n’en ont pas les épaules (Messi en Argentine, alors que Zabaleta ou Mascherano semblent mieux disposés, ou même Lloris en France, par exemple), alors que Cristiano est quand même un capitaine hors-pair, respecté par ses coéquipiers, et son rôle de capitaine n’est jamais critiqué au Portugal, ni par les portugais, ni par les autres (médias ou non), mais en plus Cristiano n’est capitaine QUE de la sélection portugaise. Il ne l’est pas en club, donc en gros il porte le brassard lors de 10 de ses (environ) 65 matches de l’année. D’abord c’est peu pour en conclure qu’il n’a pas les épaules, et en plus c’est pas non plus primordial. Mais puisque vous semblez connaître parfaitement la sélection portugaise, citez donc un joueur qui a davantage les épaules et l’autorité sur le terrain pour être capitaine au Portugal… Moi je n’en vois pas.

    Franchement, faire un si bel article et le flinguer par une attaque aussi inutile qu’irrespectueuse comme celle-là à l’égard d’une Légende de ce sport, c’est franchement dommage. Un peu déçu, au final. Même si les idées sont plutôt bonnes, même si souvent évoquées quand même.

    • Bonjour Yann,

      Tout d’abord merci d’avoir pris le temps de nous lire et de nous faire un retour positif du fond. Concernant nos propositions, rares sont celles dont nous ayons entendu parler. Certes l’expulsion temporaire est expérimentée au niveau amateur et la remise en cause du « tout-penalty » est discutée, pour le reste, à notre grand regret, on ne voit pas grand chose venir. Colina a bien évoqué la possibilité d’une expulsion temporaire du joueur responsable d’une sortie temporaire sur blessure d’un adversaire, de la durée de cette dernière… Idée ô combien bancale à nos yeux. Ce qui est passionnant c’est que l’on peut en débattre des heures. 🙂
      Concernant Cristiano, il n’est pas le seul visé, il est un exemple parmi d’autres (« contraindra les entraineurs à nommer de véritables capitaines et non des starlettes en culotte courte telles que « Cri-Cri Ronaldo la ballerine »), Messi en tête… Mais s’il est cité c’est que son comportement ne plaide pas en sa faveur. Pour finir à son sujet, il fait partie du club des 5 élevés en références actuelles de ce sport (Messi, Cristiano, Robben, Ibra et Tit Franck), ce sont tous des solistes (+/-), chacun dans leur style et dont on s’aperçoit qu’ils n’ont pas existé sur ce mondial (voire n’y ont pas été) faute d’équipes capables de les mettre en bonne condition… C’est un petit ras le bol personnel que seules les stats soient mises en avant. Honnêtement rien de bien méchant à nos yeux, en tout cas pas pire que le raccourci de début d’article sur les journalistes critiquant mais ne proposant jamais. 😉

      • Oui, bien entendu, mais c’est son nom qui sort, évidemment. Et placer son nom à côté de « starlette en culotte courte » et « ballerine », c’est une attaque gratuite. Surtout quand on sait que bien d’autres joueurs sont des références en matière de simulation (Neymar, Busquets, Vidal) ou de caca nerveux (Messi et ses revalorisations). Ça véhicule de fausses idées sur CR7 que beaucoup de faibles d’esprit reprennent ensuite.

        Sur les idées, vous avez raison, elles ne sont pas évoquées en haut lieu, mais quand je dis qu’on les a déjà entendues, déjà je ne parle pas de toutes vos idées, certaines étant nouvelles (et excellentes), et en plus je parlais plutôt d’autres médias ou de certaines personnes. Disons que j’ai déjà entendu certaines de ces idées ailleurs, pas forcément chez des gens ou des sites connus, ça j’en conviens, et c’est bien que vous, VDBT, site assez réputé, en fassiez d’aussi bonnes 🙂

  2. Sur la forme, je pense comme Yann. Vous devriez éditer et retirer l’attaque contre Ronaldo. Ça n’a aucun sens de cibler un joueur en particulier dans ce type d’article. De même avec l’Atletico, que leur jeu ne vous plaise pas, pas de problème, mais c’est une forme de jeu comme une autre, qui n’est pas interdite tant que le contenu de l’article n’est pas entré en vigueur.

    Le contenu justement. Je trouve que les propositions sont vraiment bonnes, sauf une, le super-penalty. Vous donnez la stat de 50% de réussite en 1c1, admettons. Ces 1c1 en jeu se font en général sous la pression du retour d’un défenseur, l’attaquant a eu peu de temps pour réfléchir à ce qu’il allait faire, il n’a pas forcément une bonne vision du placement du gardien. Dans la situation que vous proposez, même sous pression des 15 secondes, les gardiens vont se faire fusiller. Prenez un Ronaldo par exemple, 15 secondes pour aller au but ça lui suffit largement, et il a pas vraiment de problèmes de finition. A la limite je serais plus pour un coup-franc direct à une douzaine de mètres du but, dans l’axe reliant le lieu de la faute et le milieu du but. Comme ça une faute le long de la ligne de corner (donc à un endroit où il n’y a pas danger immédiat a priori) ne donne pas une énorme occasion derrière, par contre plus la faute est dans l’axe, plus le coup-franc est dangereux.
    Bon, et puis voir un mec traverser le terrain comme un dératé, je trouverais ça un peu ridicule 🙂

    • Bonjour,

      Bon visiblement elle ne passe pas la petite pique sur Cristiano, pourtant j’aurais cru que personne ne la verrait dans le flot d’infos. On verra à l’adoucir… 😉 même si le fait de choisir un « vrai » capitaine reste pour nous primordial. En tout cas merci de ce retour de fond. Sur le point du super-penalty, pour le coup il faudrait l’expérimenter afin de déterminer un taux de réussite approximatif. 15″ c’est peut-être trop long, partir du milieu peut-être pas excitant… Quoiqu’il en soit on pense qu’il faut vraiment un intermédiaire entre le CF et le péno traditionnel pour que les fautes « secondaires » soient « sanctionnables ». A titre personnel, je ne crois pas au CF dans la surface, déjà à 16m les gars ont du mal à cadrer à cause du mur, à 12m je ne vois pas comment faire… La solution ça peut-être un penalty reculé sur la demi-lune des 16m, le joueur plaçant le ballon là où il le souhaite sur l’arc de cercle (en face mais plus loin, où décalé mais plus près). A creuser… 😛

      • Mais c’est justement ça le problème. On ne comprend pas pourquoi vous citez Ronaldo alors que son statut de capitaine du Portugal est logique, mérité et parfaitement assumé (et assuré)… D’autant que personne au Portugal ne peut candidater au poste de capitaine… Pepe est trop nerveux, Nani ne joue pas dans son club, Carvalho est parti, Meireles s’est exilé et Moutinho n’a pas les épaules.

        Il aurait été plus logique, à la limite, de citer Messi. Avant tout parce que s’il a hérité du brassard en Argentine, c’était exclusivement pour qu’il ait le même statut dans son pays que Ronaldo dans le sien. C’est d’ailleurs transposable au Barça avec la responsabilité des coup-francs et des penalties qui lui a été donné, étonnement, depuis que CR7 est en Espagne. Xavi, Iniesta ou Villa quand il était là étaient de meilleurs choix pour ces exercices. Non, Cristiano est un vrai capitaine, il est parfait dans ce rôle au Portugal. Pas Messi en Argentine. Zabaleta ou Mascherano ont largement plus les épaules.

        Quant au super-pénalty, là je ne suis pas d’accord avec le commentaire de base. Pour moi c’est une des meilleures idées du dossier. A peaufiner évidemment (comme vous dites, réduire le temps ou la distance), mais à essayer, voire à adopter directement.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *